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NON aux « projets pour l’entreprise », OUI au « projet d’entreprise » !

« Où allons-nous ? » Sous cette forme ou une autre, voilà une question que se pose tout collaborateur.

Souvent, à cette question, le chef d’entreprise répond :

« Je ne comprends que vous posiez cette question : vous savez bien qu’il existe des projets pour l’entreprise et vous les connaissez ! »

Et c’est là que tout se joue :

          oui, il existe « des projets pour l’entreprise »

          non, il n’existe pas « le projet d’entreprise ».

« Des projets pour l’entreprise »

Souvent, que se passe-t-il dans les entreprises ?

Il existe des projets :

          Ces projets sont le résultat de la réflexion du chef d’entreprise et, éventuellement, d’une minorité de ses collaborateurs

          Ces projets ne sont pas le résultat de la réflexion de chacun de ses collaborateurs clés

          Ces projets sont dans la tête du chef d’entreprise et, éventuellement, d’une minorité de ses collaborateurs

          Ces projets ne sont pas formalisés par écrit dans un même document

          Ces projets sont connus du chef d’entreprise et, éventuellement, d’une minorité de ses collaborateurs

          Ces projets ne sont pas connus de la majorité de ses collaborateurs, voire de chacun de ses collaborateurs

Quelles sont les conséquences de cette situation ?

          Les collaborateurs ont le sentiment qu’il n’y a pas de cap vers où aller et cela peut les inquiéter voire les démotiver

          Les collaborateurs peuvent remettre en cause la pertinence de ces projets quand ils constatent qu’ils n’ont pas été impliqués dans la réflexion

          Les collaborateurs peuvent montrer peu d’enthousiasme à mettre en œuvre ces projets

« Le projet d’entreprise »

Le projet d’entreprise est un acte fondamental en termes de :

          Management

          Stratégie.

Les trois dimensions du projet d’entreprise :

  • La dimension participative de la réflexion
  •  La dimension dynamique dans le temps
  • La communication interne.

 

La dimension participative

La première étape est de constituer l’équipe projet qui va participer activement à l’élaboration du projet d’entreprise.

Pour cela, les principaux critères sont les suivants :

          Représentativité de chacun des métiers de l’entreprise

          Représentativité des différents niveaux hiérarchiques, de la Direction jusqu’aux employés en passant par l’encadrement intermédiaire

          Aptitude de la personne à communiquer autour d’elle sur le projet d’entreprise

          Aptitude de la personne à être leader d’opinion au sein de l’entreprise

 

La dimension dynamique dans le temps

Il s’agit de projeter l’entreprise à 5 ans.

Pour cela, il est nécessaire de mener quatre étapes :

          « D’où venons-nous ? »

          « Où sommes-nous aujourd’hui ? »

          « Quelle est l’évolution probable de notre environnement dans les 5 années à venir ? »

          « Où voulons-nous être dans 5 ans ? »

« D’où venons-nous ? »

          Les valeurs de l’entreprise

          La raison d’être de l’entreprise

Dans le cas d’une création d’entreprise, ces éléments sont rédigés par le chef d’entreprise avec l’appui de ses éventuels associés.

Dans le cas d’une entreprise existante, ces éléments sont rédigés par le chef d’entreprise avec l’appui de collaborateurs ayant une certaine ancienneté dans l’entreprise.

« Où sommes-nous aujourd’hui ? »

          Les points forts de l’entreprise

          Les points à améliorer.

Selon un plan type, chaque membre de l’équipe projet exprime par écrit ce qu’il constate dans son propre périmètre de responsabilité.

« Quelle est l’évolution probable de notre environnement dans les 5 années à venir ? »

Tout d’abord, il s’agit d’identifier les éléments de l’environnement qui ont un impact déterminant sur l’avenir de l’entreprise.

Exemples : la demande, la concurrence, la réglementation…

Chacun de ces thèmes fera l’objet de réunions de travail en « atelier ».

Chaque atelier est composé de membre de l’équipe projet, sachant qu’une même personne peut faire partie de plusieurs ateliers.

Pour chacun des éléments de l’environnement de l’entreprise, les trois objectifs de l’atelier sont les suivants :

          Rédiger l’évolution probable sur les 5 années à venir

          Identifier les opportunités pour l’entreprise

          Identifier les menaces pour l’entreprise.

« Où voulons-nous être dans 5 ans ? »

Une fois que les trois premières étapes sont réalisées, l’équipe projet va pouvoir travailler sur cette quatrième et dernière étape.

Il s’agit de déterminer les orientations stratégiques de l’entreprise à 5 ans.

Là aussi, ce travail va se faire par atelier.

Exemples :

          Un atelier par activité stratégique

          Un atelier Ressources Humaines

          Un atelier Finances

          Un atelier Réglementation

          Un atelier Système d’information

 

La communication interne

Pour faciliter la communication et l’appropriation du projet d’entreprise par chacun, l’équipe projet va d’abord donner un nom à ce projet d’entreprise ; généralement, cela se fait lors d’une des premières réunions de travail de l’équipe projet.

Exemples :

– Cap 2012 (Coopérative des Producteurs de Porcs de la Réunion, groupe URCOOPA)

– Zénith 2020 (Albioma Solaire Océan Indien)

– Cap DD (Développement Durable, Cycléa 2013-2017)

Ensuite, comme pour tout projet, il est indispensable de communiquer au sein de l’entreprise.

A la fois pour informer chacun de l’avancement du projet mais aussi pour entretenir la motivation de chacun sur le projet d’entreprise.

Cela signifie que l’entreprise va organiser la communication interne sur le projet d’entreprise tout au long de son élaboration, de la réunion de lancement regroupant l’équipe projet jusqu’à la présentation du projet d’entreprise à l’ensemble du personnel, ce qui représente une durée de quelques mois qui dépend essentiellement de la taille de l’entreprise.

Cette communication se fera de deux manières :

          Formelle (notes internes, journal interne, information jointe au bulletin de paie, affichage, réunions internes…)

          Informelle (chacun, en particulier chaque membre de l’équipe projet, parle autour de soi ; c’est ce que nous pourrions appeler le buzz).

Cette communication interne permet d’atteindre deux objectifs :

          Chaque collaborateur est présent le jour de la présentation du projet d’entreprise par l’équipe projet

          Chaque collaborateur s’approprie le projet d’entreprise car il y a participé personnellement ou il a été représenté par un de ses collègues.

Point d’orgue, la présentation du projet d’entreprise à l’ensemble du personnel :

          Cette présentation va à l’essentiel (2 à 3 heures)

          Elle est conduite par le chef d’entreprise

          Elle est animée par le chef d’entreprise et les membres de l’équipe projet

          Il est préconisé d’avoir des intervenants externes (un « témoin » qui va s’exprimer en première partie de présentation sur les valeurs et la raison d’être de l’entreprise ; un « parrain » qui va s’exprimer sur la dernière partie « où voulons-nous être dans 5 ans »).

 

Conclusion

La présentation du projet d’entreprise à l’ensemble du personnel est un temps particulièrement fort de la vie de l’entreprise.

C’est le fruit d’un travail participatif qui a duré quelques mois.

C’est également le début d’une aventure qui va durer 5 ans et qui doit vivre dés la première année, au quotidien.

Pour cela, dans les semaines qui suivent la présentation du projet d’entreprise, chaque responsable va élaborer avec son équipe le plan d’action de la première année :

« Pour tenir nos engagements à 5 ans, que faisons-nous concrètement sur les 12 prochains mois ? ».

Chaque responsable va présenter au chef d’entreprise le plan d’action annuel de son équipe.

Une fois qu’ils se sont mis d’accord sur le plan d’action, cela devient la feuille de route pour le responsable et son équipe pour les 12 mois suivants.

Chaque année, la démarche sera la même :

          Point d’avancement du plan d’action de l’année écoulée

          Elaboration du plan d’action pour les 12 prochains mois.

Comment manager en période de crise dans une TPE/PME réunionnaise ?

La crise persiste en Europe, en France et en particulier à la Réunion. Une seule porte de sortie s’impose aux entreprises : se réadapter. Muter. Se repenser. Dans un tissu économique dans lequel 95% des entreprises possèdent moins de 5 salariés, la remise en question doit être profonde. Voici quelques pistes qui ont fait leurs preuves.

Oser regarder la vérité en face

La crise permettra à certaines entreprises de survivre, à d’autres non.

Ce constat est particulièrement amer, mais rien ne sert de se voiler la face. Dans un monde globalisé où la concurrence s’accroît et où la fidélité des clients est particulièrement volatile, la différence se fera entre les entreprises dites « agiles » et les autres. La question à vous poser est : « Suis-je capable d’impulser des changements profonds dans mon mode de fonctionnement et dans celui de mes équipes pour me réadapter à ce nouveau contexte ? ». Cette conduite du changement ne peut être imposée aux équipes. Elle doit être comprise et acceptée par celles-ci.

Réorienter son marché, motiver ses employés à découvrir, accepter et même innover est le carburant d’aujourd’hui. Plus que jamais, le marché est versatile et décide de ce que sera la croissance du XXIème siècle. Dans le cas de la Réunion, le tourisme, les TIC, la transition énergétique ou encore la bioéconomie seront au premier plan de la création d’emplois. Autour de ces axes gravite donc une foule de métiers et de prestations dont votre entreprise peut être motrice en repensant son business model et ainsi profiter de la croissance. Toute la question est donc de savoir si vous oserez réorienter votre savoir-faire sur les nouvelles demandes des clients. La réactivité et la réadaptation sont les maîtres-mots du monde actuel.

 

Rapprocher managers et employés

Les employés sont les premiers à se sentir inquiets car parfaitement conscients de la crise.N’ayant toutefois par le recul du chef d’entreprise sur l’état de santé de la société, ils cherchent à s’accrocher autant que possible à leur emploi, quitte à ce que leur poste leur déplaise, par crainte de l’avenir.

Une des nécessités de cette période difficile est de faire comprendre aux équipes que seule l’unité et la cohésion peut permettre de surmonter la réduction des marges, la baisse du nombre de clients ou l’accroissement des délais de paiement. L’un des grands maux de l’entreprise française est que trop souvent, les managers perdent l’écoute des employés au profit de celui des clients, et oublient donc de faire comprendre aux employés les contraintes que la direction vit, et en quoi le contexte les oblige à prendre des choix qui pourraient être incompris par les employés sans explication.

Or, aucun bien ou service de qualité ne peut être produit sans la détermination et la motivation des salariés. Quand avez-vous parlé de participation avec vos employés pour la dernière fois ? L’augmentation annuelle est souvent minime voire refusée en période de crise, pour maintenir le bateau à flot. Quelle meilleure méthode alors que de motiver le salarié en lui faisant comprendre qu’il influe directement sur la marge et donc le résultat de l’entreprise ? La participation est l’outil financier le plus adapté à ce propos. Un salarié productif est celui qui sent qu’il fait partie intégrante de l’entreprise, et non qu’il est un incompris ou qu’il parle à un mur.

 

Voir au-delà des frontières

La Réunion fait souvent de son insularité et de son éloignement une faiblesse plutôt qu’une opportunité.

Il est fortement ancré dans la culture de l’île de miser sur la consommation plutôt que sur l’export. Toutefois, la crise démontre que des fossés se creusent, en période de faible croissance (de nombreux économistes disent que la France pourrait rester sous 1 point de croissance annuel pendant encore une dizaine d’années), entre ceux qui créent de la richesse en exportant et les autres. La Réunion a une très forte valeur ajoutée dans la région sud-est africaine, puisque terre européenne. Le bénéfice est de pouvoir contrer la faiblesse des coûts de production voisins par une qualité et une technologie hautement supérieures. Les technologies de l’information, en particulier, rendent les contacts et la vente de bien ou de services facilités par une interconnexion permanente.

Etes-vous prêts à prendre le virage de l’export qui, contrairement à ce que beaucoup croient, ne nécessitent pas une implantation longue de votre business sur l’île ? Lorsque la consommation stagne et que le nombre d’entreprises augmente, la part du gâteau potentiel est plus petite pour chacun. Comme Chan Kim l’indiquait brillamment dans la stratégie océan bleu, il est bien plus stratégique de chercher à accroître la taille du marché que sa part de marché.

 

Repenser le business model, souder les équipes, accroître son marché, voici trois pistes qui peuvent vous permettre de faire avancer votre activité. Courage et détermination de rigueur.

Vos employés sont-ils des enfants ?

Si vous avez recruté vos collaborateurs, c’est que vous estimiez qu’ils étaient adultes, non ?

Faut-il rappeler qu’en France, le travail des mineurs est très limités et très encadrés et donc sauf exception, vous êtes un chef d’entreprise ou un manager et non un animateur de colonie de vacances.

Aujourd’hui, avec tous les moyens de communication, vos employés ont la possibilité de s’ouvrir à l’extérieur même depuis leur poste de travail. Le contrôle à tout prix de leur temps, pour qu’ils passent bien les 7 ou 8 heures contractuelles à travailler pour vous et uniquement cela, est un combat perdu d’avance. Vous pouvez exercer une certaine maitrise mais en aucun cas un contrôle total. En effet tout le monde a un smartphone pour envoyer des SMS ou se connecter à internet. De plus, c’est humain, plus vous essayerez de contrôler vos employés plus ils essayeront de passer outre ce contrôle. Cela deviendra même une de leur préoccupation favorite, voire un sujet de défi entre eux. De plus ce manque de confiance à un coût : logiciels de contrôle de l’usage d’internet, rédactions de procédures détaillées, rédaction d’un règlement intérieur de plus en plus long avec une copie papier par tête et de moins en moins de personnes qui le lisent,…

En mettant aussi plus de carcans et de contraintes, vous allez aussi infantiliser vos employés dans le cadre du fonctionnement de l’entreprise. Ils se demanderont à chaque fois à qui ils doivent demander une autorisation pour chacune de leurs actions. Bref le système se sclérose petit à petit. Et la génération qui arrive sur le marché du travail se braque encore plus vite sur ce type de fonctionnement contrôlé.

De plus vos employés ont surement des compétences que vous ne soupçonnez même pas :
– Votre jeune coursier est probablement aussi un passionné d’informatique qui pourrait dépanner proprement votre personnel administratif qui n’arrivent pas à s’adapter à la dernière version de windows,
– Votre délégué syndical, avec qui vous avez des relations conflictuels, est surement mieux formé que vous sur le droit du travail et pourrait vous expliquer les contraintes légales du nouveau dispositif de contrat aidé. Vous pourriez évaluer ensemble  l’opportunité de contrat pour former et monter en compétence un jeune pour remplacer votre technicien clé qui part en retraite dans quelques mois. (essayez d’avoir ce genre de discussion et vous verrez que vos relations vont changer assez rapidement et les débats, lors des confrontations qui font partie de la vie de toute entreprise, seront plus constructifs – c’est du vécu),
– Votre employée chargée de la facturation qui a 25 ans de maison toujours à la même place est aussi la trésorière de son association culturelle ou sportive et maitrise parfaitement le montage de dossier de subvention européenne (et même mieux que votre DAF ou votre expert comptable). En effet, elle monte chaque année des demandes de financements pour des compétitions ou des échanges culturels internationaux ou de nouveaux équipements avec l’aide des fonds européens.

Et vous alliez vous priver de telles compétences et d’initiatives issues de ces cerveaux brillants !

Plus d’autonomie, c’est plus de responsabilité donc plus de motivation. Les gens deviennent plus autonomes. Des employés autonomes peuvent définir eux-mêmes leurs objectifs et les étapes pour y arriver. Il vous reste alors à fixer le cap, vous assurer que les actions menées par vos équipiers autonomes sont cohérentes avec vos objectifs et suivre l’avancement.

Le travail devient plus recentré sur le métier et la valeur ajoutée de chacun et vous n’avez plus à vous préoccuper du détail…

J’entends votre « mais » : il aura toujours des équipiers qui ne joueront pas le jeu… et alors c’est toujours le cas quelque soit l’organisation  non ? et en tant que manager vous savez gérer ce genre de comportement.

Alors prêt pour essayer plus d’autonomie ?

A mort les réunions !

Non, je ne suis pas en lutte contre notre belle île mais simplement je manifeste contre une des plus grandes sources d’improductivité dans nos entreprises : les réunions !

Il y a quelques années, en quittant la direction industrielle d’un grand groupe du CAC 40 pour ma petite entreprise, j’ai fini de perdre mon temps en réunion. Pour moi, venant des ateliers de production,  ces réunions étaient un supplice. A chaque réunion, je calculais la masse salariale des gens présents (un dizaine de cadres bien payés… je vous laisse imaginer le taux horaire cumulé) et comparait ce chiffre avec le bénéfice obtenue en fin de cette réunion, qui en plus dépassait toujours le temps planifié au départ. Le résultat était souvent une perte nette pour l’entreprise.

Pour ceux qui ont eu la chance de participer à ce genre d’exercice, ces exemples vous en rappelleront surement quelques souvenir :
– pour un projet ou un groupe de travail, le débat sur le nom prend plus de temps que tout autre sujet lors de la première réunion,
– les réunions sont des organismes vivants à fort pouvoir de reproduction. En effet, lors d’une réunion, souvent on en planifie plusieurs autres : la prochaine sur le même thème, des groupes de travail sur des points spécifiques, des réunions d’échanges avec des partenaires ou des fournisseurs sur le même sujet,…
– l’insuffisance de la préparation est souvent telle que le sujet principal et les objectifs sont oubliés en cours de route,
– certains en profitent pour régler leur compte et les autres n’ont plus qu’à compter les points,
– on planifie toujours une heure minimum car c’est le standard des agendas partagés (genre outlook) même si les points peuvent être parfois balayés en quinze minutes,
– vous avez toujours un blagueur ou un conteur d’anecdotes qui ont un don pour faire perdre du temps à l’ensemble des personnes présentes,

En usine, toute minute des opérateurs en dehors des lignes de production, ce sont des produits finis en moins et donc des ventes en moins. Un responsable de production, qui veut réunir son équipe, doit généralement négocier, pied à pied, chaque minute sur la durée de sa réunion et sa fréquence avec son directeur d’usine (j’ai fait plusieurs fois l’exercice et c’était à chaque fois aussi dur que les négociations du budget pour les augmentations salariales pour mes équipiers). Ce type de réunion se réduit donc souvent à quelques minutes au pied des machines. Par contre, le contenu est maitrisé et préparé. Pas question de perdre une seule de ses précieuses minutes arrachées de dure lutte à la direction…
En 5 minutes, nous traitions tous les points : les infos sécurité et qualité, les résultats de la période avec quelques chiffres et des graphiques simples et efficaces pour montrer les progrès de l’équipe, les formations à venir, les nouveautés et les challenges pour la prochaine période… et deux minutes après la fin de la réunion, les machines étaient lancées à la cadence optimale pour assurer la production du jour. Le secret de réussite de ces réunions : la préparation. Les indicateurs sont mis à jour et affichés sur les aires de passage (pointeuses, salles de pause, …). Les informations clés (sécurité et qualité) sont aussi remises sous formes de fiches avec pas mal de schémas et de photos pour éviter toute erreur d’interprétation pour les opérateurs. Les questions des opérateurs sont traitées au jour le jour pour éviter qu’elles arrivent en réunion et génèrent des débats. Bref tous les services supports étaient tournés pour assurer une communication efficace et la réunion n’était là que pour acter des décisions déjà prises et s’assurer que tout le monde avait le même niveau d’information.

Tout organisateur de réunion devrait s’inspirer de ce niveau de préparation et se challenger sur une durée de quelques minutes bien souvent suffisantes.

Pour y arriver, voici une proposition de quelques règles :
– une minuterie pour gérer le temps,
– n’inviter que les gens utiles, qui pourront apporter une solution au problème et/ou prendre des décisions, les autres seront informés par un comte-rendu,
– préparer une documentation concise et efficace pour que tous les participants est un niveau suffisant d’information (par exemple rapport avec photos pour une réclamation qualité d’un client),
– préparer un ordre du jour détaillé et poser les questions à traiter à l’avance aux participants pour les obliger à étudier le sujet avant la réunion et vous assurer de cette manière qu’ils ont bien pris connaissance des éléments préparatoire déjà envoyés,
– se rencontrer sur le lieu du problème (devant la machine de production, devant un ordinateur où le logiciel qui posent problème est actif,…).
– rester concret et pragmatique pour trouver la solution,
– recentrer les actions nécessaires pour cette solution sur une ou quelques personnes en ayant un engagement de leur part en terme de délai.

Et une bonne réunion est aussi une réunion supprimée car elle n’était pas essentielle. En tant que membre de direction, une première action que vous pouvez mener est peut-être de commencer par évaluer les pertinences des réunions et simplifier les agendas de tout le monde.

Si vous voulez garder des réunions conviviales pour votre cohésion d’équipe, il reste une autre solution adaptée à notre culture gourmande : se retrouver autour d’un bon plateau repas le lundi midi pour traiter des points clés et partager les informations en quelques minutes. Ensuite, il ne vous reste plus qu’à partager un moment convivial. Cette pause déjeuner sera surement plus efficace pour votre cohésion d’équipe et moins impactant pour les journées de travail de chacun qu’une réunion classique en cours de journée.

Nous recherchons tous des gains substantiels  de productivité pour nos équipes. Un travail sur l’efficacité de nos réunions semble une bonne piste, non ? En plus, cela ne dépend souvent que de vous en tant que manager.

Bonne chasse aux minutes gaspillées en réunions et souvenez-vous du mot d’ordre : à mort les réunions !

C’est la crise, et alors ?

C’est la crise… et alors ce n’est pas nouveau, non ?

Chef d’entreprise, je suis né dans les années 70 et je n’ai jamais connu de période de plein emploi ou de forte prospérité économique… juste quelques accalmies avant la prochaine tempête…

Pour rappel :

1973 : Les USA passent leur pic de production pétrolière en 1971 et donc importe plus d’or noir. Dans la foulée, cette dépendance accrue annonce la fin de convertibilité du dollar en or et voici le premier choc pétrolier.

1979 : Révolution en Iran puis guerre Iran/Irak et voici le second choc pétrolier…

1982 : Crise bancaire suite à des corrections de dettes des pays en voie de développement non solvables.

1987 : Krach boursier d’octobre 1987.

1989 : Crise des Junks bonds et crise au Japon.

1990 : Invasion du Koweit. Le pétrole repart à la hausse…

1992/1993 : Crise du système monétaire européen.

1997 : Grosse crise en Asie, au Brésil,…

2000 : Eclatement de la bulle internet

2001 : Attentats du 11 septembre… les compagnies aériennes et le secteur du tourisme ne s’en sont toujours remis…

2007 : Crise des subprimes… d’après la presse, elle est responsable de notre situation économique

2009 : Crise européenne avec la Grèce comme « vedette »…

La prospérité économique ressemble plus à une chimère de conte pour enfant que seuls nos grands-parents ont vraiment connu…

Les jours meilleurs ne semblent pas pour demain. Donc, en tant qu’entrepreneurs de l’économie réelle, avec nos petits bras, nous ne pouvons que faire avec.

Prenons un peu de recul, nos amis chinois, nos compétiteurs, utilisent deux groupes d’idéogrammes pour désigner la crise. Le premier idéogramme pris seul « wéi » signifie le danger, le second groupe « ji » composé de deux idéogrammes signifie opportunité. Nous retrouvons de leur pragmatisme économique dans cette définition de la crise.

Nous sommes actuellement au niveau européen, et probablement encore plus pour notre petite île réunionnaise, dans le creux de la vague. Bref, l’activité économique est très fragile. Pour nos petites structures, que peut représenter la crise ? Probablement des pertes de contrats chez quelques grands comptes qui réduisent la voilure et quelques prestations non payées par des sociétés en cessation de paiement. Donc nous avons bien conscience du « danger » de cette crise.

Il y a aussi probablement pas mal d’opportunités pour qui sait les saisir. Essayons dans lister quelques unes autour de nous.

1 – La communication coûte moins chère :

Les supports classiques de communication comme la presse, la TV , la radio et l’affichage ont des périodes de braderies toute au long de l’année pour cause d’emplacement disponible. Les outils numériques du fait de la progression permanente de leur productivité et de la baisses des budgets de promotions numériques des grands comptes sont aussi plus abordables. La plupart de vos concurrents en plus ont mis un coût de rabot voir supprimer leurs actions de communication.
Bref, c’est le moment de communiquer au moindre coût avec un retour sur investissement probablement optimum.

2 – Pleins de talents sont accessibles et disponibles :

Vous avez besoin d’un expert technique pour un de vos projets. Il y a probablement un profil qui peut correspondre à votre attente sur le marché du travail. Vous ne pouvez pas le prendre en CDI ou à temps plein… ce n’est pas grave. En effet, au regard de l’incertitude du marché, il prêtera attention à votre proposition. A vous aussi de trouver des solutions originales : CDD, intérim, sous-traitance en auto-entrepreneur,… Peut-être pouvez-vous aussi trouver un de vos partenaires avec qui partager cet expert, pour créer un emploi à temps plein pour motiver cet expert.

3 – Récupérer les futurs champions des écoles :

Les écoles, même parmi les prestigieuses métropolitaines ou même internationales, peinent de plus en plus à placer leurs stagiaires et leurs apprentis. Tous les élèves brillants, qui briguaient les grands groupes en priorité, sont à l’affût de tout projet de qualité pour se former. Donc votre petite PME dynamique a plus d’attention que d’habitude de la part de ces jeunes. Vous pouvez aussi les intéresser en démarchant les juniors entreprises ou en proposant des emplois à temps partiel. Un jeune qui a besoin de travailler pour faire face à ses dépenses d’étudiants préfèrera développer ses talents avec vous plutôt que de servir de bras à la restauration rapide où les emplois sont de plus en plus difficiles à obtenir.

4 –  Faites le plein de productivité à moindre coût :

Des outils industriels ou informatiques qui vous font rêver depuis des années sont probablement plus abordables. Un petit e-mail de votre part à leur service commercial vous permettra surement de confirmer cette tendance. En effet, même si les tarifs affichés n’ont pas baissé, vous pourrez demander des périodes d’essais gratuites prolongées, des versions sur mesure (en retirant les modules qui ne vous concernent pas) plus économiques, des facilités de paiement et même des remises commerciales. Le ROI (retour sur investissement) de ses outils qui se comptaient en nombre d’années devient tout de suite plus court et plus attractif. A vous de démarrer la négociation.

Des talents se sont aussi mis à leur compte en montant de petites sociétés qui lancent des solutions disponibles en ligne pour quelques euros. Vous vous retrouvez avec des outils de gestion de projet, de gestion d’équipe commerciale, de gestion de campagne marketing ou de gestion financière efficaces et recentrés sur vos besoins de PME pour quelques dizaines d’euros par mois.

Bref c’est le moment d’ouvrir les yeux pour capter les opportunités et d’accélérer.
Bonne chasse aux opportunités à tous !